Agriculture biologique · Hautecourt-Romanèche
Un verger bio de fruits rares et de saison dans l’Ain
À Hautecourt-Romanèche, dans le Revermont, Pomaria plante un verger diversifié en agriculture biologique : fruits familiers et fruits rares, cultivés pour la vente directe locale.
Du projet au terrain : le verger prend racine
Depuis l’émergence du projet et la création de Pomaria début 2025, ce verger a mûri dans nos réflexions et nos préparatifs : recherche du terrain, choix des espèces, conception des plans de plantation. L’hiver 2025-2026 marque une nouvelle étape : le projet devient réalité avec le début des plantations.
Les premiers arbres sont en terre — pruniers, figuiers, mûriers et plaqueminiers (arbres à kakis) — et le terrain se transforme peu à peu pour les accueillir durablement.
Ce verger complète naturellement l’activité de la pépinière : les espèces et variétés qui y poussent sont celles que nous multiplierons et proposerons à la vente. Ce que nous conseillons à nos clients, nous le plantons aussi chez nous, dans les mêmes conditions de sol et de climat.
Deux hectares de verger dans le Revermont
Le verger s’étend sur environ deux hectares à Hautecourt-Romanèche, entre la plaine de l’Ain, le Bugey et les premiers reliefs du Jura. À 400 mètres d’altitude, la saison de végétation est légèrement plus courte qu’en plaine et les gelées tardives de printemps plus fréquentes.
Ces contraintes ont guidé le choix de nos plantations : nous cultivons des espèces adaptées aux évolutions du climat, marquées par des périodes de chaleur et de sécheresse plus intenses et plus fréquentes. Pour chaque espèce, nous avons sélectionné des variétés adaptées à notre terroir du Revermont pour leur rusticité, leur floraison tardive et leur maturité précoce.
C’est le cas par exemple du kaki Russian Beauty, une variété rustique, capable de supporter des hivers froids tout en produisant dans des régions aux saisons végétatives plus courtes.
Un verger dessiné comme un système agroforestier
Plutôt qu’un verger conventionnel, où la recherche de productivité conduit parfois à simplifier le milieu, nous avons choisi une structure en haies fruitières, associant deux strates végétales : une strate arborée principale, organisée par variétés, qui assure la production de fruits ; et des arbustes intercalaires, fruitiers et champêtres, installés entre les arbres sur le rang.
Cet agencement favorise la biodiversité fonctionnelle — les haies hébergent les insectes auxiliaires, les oiseaux et la petite faune qui participent à l’équilibre du verger — ainsi que la vie du sol, qui reste couvert et nourri par les apports organiques issus du système végétal.
Sept espèces pour une saison de fruits étalée de l’été à l’hiver
Le verger réunit, dans un premier temps, environ 550 arbres répartis en sept espèces différentes. Les variétés ont été choisies selon quatre critères : la qualité gustative avant tout, la résistance ou la tolérance naturelle aux maladies — indispensable en agriculture biologique —, l’adaptation au climat local et l’étalement des récoltes sur plusieurs mois.
Les fruits familiers
Pommiers, poiriers et pruniers forment l’ossature du verger. Les variétés retenues ont été sélectionnées pour leur adaptation à la conduite en agriculture biologique et couvrent, ensemble, une longue période de récolte et de conservation : des Reine-Claude et Mirabelle de Nancy de l’été aux pommes de garde comme la GoldRush, qui accompagnent les mois d’hiver.
Les méridionales rustiques
Figuiers et plaqueminiers (kakis) sont des fruitiers d’origine méridionale capables de produire sous notre climat, à condition de choisir les bonnes variétés : rustiques au froid et adaptées aux périodes de chaleur et de sécheresse. La figue Ronde de Bordeaux en est un exemple. Ces arbres apportent au verger des fruits d’automne encore rares dans les circuits courts locaux.
Les fruits rares
Les mûriers — les arbres du genre Morus, à ne pas confondre avec la ronce — donnent dès le début de l’été des fruits délicieux mais difficiles à trouver sur les étals, car ils supportent mal le transport.
Les asiminiers (Asimina triloba, le « pawpaw » nord-américain) produisent en automne un fruit à la chair crémeuse, aux arômes de banane et de mangue. Plus gros fruit indigène d’Amérique du Nord, encore méconnu en France, il trouve naturellement sa place dans notre recherche de fruitiers adaptés et diversifiés. Les asiminiers restent encore très rares dans les vergers de la région.
La saison Pomaria : mûres dès juin · prunes et premières figues en été · poires, figues d’automne et asimines en septembre-octobre · kakis et pommes jusqu’aux portes de l’hiver — et les pommes de garde bien après.
Un verger conduit en bio, pensé pour durer
Le verger est conduit en agriculture biologique certifiée, comme la pépinière. Mais au-delà de la certification, l’essentiel se joue dans la conception même du verger.
Les variétés ont été choisies pour leur résistance ou leur tolérance naturelle aux maladies, ce qui limite les interventions au strict minimum. La clôture électrique qui protège les jeunes arbres a été pensée pour arrêter les chevreuils — redoutables sur les jeunes plantations — tout en permettant la circulation de la faune sauvage : renards, lièvres et hérissons continuent ainsi de fréquenter le verger.
L’irrigation se fait au goutte-à-goutte, alimentée par une citerne de stockage : l’eau est apportée au pied de chaque arbre, sans gaspillage, le temps que les racines s’installent en profondeur.
Entre les rangs, une prairie dominée par la luzerne est fauchée le moins souvent possible : le sol reste protégé, peu tassé, et la flore spontanée offre gîte et ressources aux insectes et à la petite faune. Sur le rang, entre les arbres et les arbustes, un couvert bas composé de plantes peu concurrentielles — trèfle nain, piloselle… — sera implanté dès cet automne selon le principe de la méthode « sandwich » : un sol couvert et vivant en permanence, permettant d’éviter le désherbage chimique ou le travail du sol répété.
Où en est le chantier ?
Hiver 2025-2026 — les premières plantations
Après la préparation du sol, les premiers arbres rejoignent le terrain : pruniers, figuiers, mûriers et plaqueminiers, plantés en rangs réguliers.
Année 2026 — les travaux de fond
Pose de la clôture, installation du réseau d’irrigation avec sa citerne et ses gaines de goutte-à-goutte, création du réseau électrique et raccordement : le verger se dote de toute son infrastructure.
Été 2026 — l’épreuve de la sécheresse
Premier été, premier test grandeur nature : la sécheresse frappe la région. Les jeunes arbres tiennent bon et s’implantent malgré le manque d’eau. Les arbustes intercalaires, plantés plus tard en saison, ont davantage souffert : ils seront complétés, et le couvert bas du rang sera semé à l’automne, quand la pluie reviendra.
Hiver 2026-2027 — la deuxième vague
Place aux pommiers, aux poiriers et aux asiminiers, qui compléteront le verger.
Les premières vraies récoltes demanderont encore quelques années de patience — le temps que les arbres s’installent. Nous raconterons chaque étape ici et dans la newsletter.
Des fruits en vente directe, ici, dans l’Ain
À terme, le verger proposera une gamme de fruits frais bio étalée sur plus de six mois, destinée à la vente directe locale : à la ferme et en paniers de saison. Une production de proximité, cueillie à maturité, pour les habitants du Revermont et des environs, de Bourg-en-Bresse à Ambérieu-en-Bugey.
En attendant les premières récoltes, le meilleur moyen de goûter au projet… c’est de planter les mêmes arbres chez vous : toutes les espèces du verger sont disponibles à la pépinière.