Asiminiers

L’asiminier est le seul représentant tempéré d’une famille tropicale, les Annonacées — celle des chérimoles et des corossols. Il en garde tout : de grandes feuilles pendantes qui donnent au verger un air de sous-bois exotique, des fleurs pourpre foncé en clochettes au printemps, et surtout un fruit à la chair crémeuse dont la saveur mêle la mangue, la banane et l’ananas. Rustique jusqu’à -25 °C, il n’est pratiquement touché par aucune maladie ni aucun ravageur, et se cultive sans traitement.

Sol, exposition et pollinisation

Il demande un sol profond, frais et bien drainé, plutôt riche, de pH acide à neutre, et supporte mal les terrains caillouteux ou séchants. Les jeunes sujets apprécient la mi-ombre les deux ou trois premières années, avant de réclamer le plein soleil. Sa racine pivotante étant longue et fragile, la motte se manipule avec précaution à la plantation, et un paillage généreux accompagné d’arrosages suivis conditionne la reprise.

Un point à connaître avant de commander : aucune variété d’asiminier n’est autofertile. La pollinisation est assurée par des mouches et des coléoptères, insectes qui volent peu : il faut donc planter deux variétés différentes distantes de moins de 10 mètres pour obtenir des fruits. C’est de très loin la première cause de déception chez les nouveaux planteurs. Une pollinisation manuelle au pinceau améliore encore la nouaison.

Une exception assumée : nos asiminiers viennent d’ailleurs

Une exception assumée. Il faut une exception à toute règle, et à Pomaria c’est l’asiminier : c’est la seule espèce du catalogue que nous ne produisons pas nous-mêmes. Pour cet arbre très particulier, nous avons choisi de faire confiance aux Vergers de Saint-Sulpice, à Villeneuve-sur-Lot, qui ont fondé en 2024 la première pépinière française entièrement dédiée à l’asiminier et y greffent aujourd’hui une bonne part de la production nationale. Leurs plants sont, comme les nôtres, produits en agriculture biologique.

Pourquoi ce choix ? Parce que multiplier l’asiminier ne s’improvise pas. La graine perd son pouvoir germinatif en séchant et réclame plusieurs mois de stratification au froid avant d’être levée à 20-25 °C. Le semis se fait d’emblée en conteneur profond — 25 à 45 cm — car la plantule consacre sa première saison à enfoncer une racine pivotante que le moindre godet trop court condamne : un plant élevé dans un contenant de moins de 20 cm reprend mal ou stagne. Le substrat doit rester acide, léger et drainant. Et pendant deux à trois ans, ces jeunes plants, qui poussent naturellement en sous-bois, exigent un ombrage de 50 à 75 % pour ne pas brûler au premier été. Autant de savoir-faire qu’une pépinière spécialisée maîtrise mieux que nous — et un plant fort reprend infiniment mieux qu’un plant chétif.

La sélection que nous vous proposons est issue des grands programmes américains : Kentucky State University, Peterson Pawpaws® et les obtentions de Jerry Lehman.

Plantation et précaution

La période de plantation optimale s’étend d’octobre à mars. La peau et les graines de l’asimine contiennent de l’annonacine et ne se consomment pas : seule la chair se mange.

Nos variétés d’asiminiers

Nos VariétésÀ récolterCaractéristiques
Benny’s FavoriteMi-saisonExcellente qualité gustative, calibre moyen, mi-saison
Maria’s JoySeptembreGros fruits, arômes de tapioca et mangue
RappahannockSeptembre-octobreFeuillage particulier, peau solide, peu de graines
KSU-AtwoodFin septembreTrès productive, 24 °Brix, résistante aux maladies
KSU-ChappellFin septembre – début octobre27 °Brix, moins de 5 % de graines, très vigoureuse
OverleeseFin septembre – début octobreVariété historique, gros fruits en grappes, peu de graines
Lehman’s DelightFin de saisonTrès gros fruits, récolte tardive
Jerry’s Big GirlFin de saisonTrès gros fruits (jusqu’à 680 g), goût de banane, peau fine

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